
Au Québec, tout employeur doit garantir la présence d’au moins un secouriste en milieu de travail en tout temps, à chaque quart de travail, et le nombre exigé grimpe avec le nombre de personnes présentes. Cette obligation vient du Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins, et elle s’applique autant à un bureau de 30 employés qu’à un chantier de construction ou à un site d’aménagement en forêt.

La formation de secourisme general en milieu de travail dure 16 heures et se termine par une evaluation pratique.
Le règlement québécois (A-3.001, r. 10) impose trois choses à l’employeur : un nombre suffisant de secouristes formés, du matériel de secourisme accessible, et un registre des interventions. Son article 3 précise que la présence doit être assurée « en tout temps durant les heures de travail », donc quart par quart : un employeur qui a formé quatre personnes toutes affectées au jour est en défaut la nuit.
Le calcul se fait sur les personnes physiquement présentes simultanément. C’est une nuance importante depuis la généralisation du travail hybride : quatre employés au bureau et trente à la maison, c’est un seul secouriste requis, mais il doit vraiment être là. Les bénévoles présents dans le lieu de travail comptent aussi.
Les seuils diffèrent selon le type d’endroit. Un chantier est jugé plus risqué qu’un bureau, un site en forêt encore davantage, d’où des ratios beaucoup plus serrés.
| Lieu de travail | Personnes présentes simultanément | Secouristes exigés |
|---|---|---|
| Établissement (bureau, usine, commerce) | 50 ou moins | 1 |
| Établissement | 51 à 150 | 2 |
| Établissement | 151 et plus | +1 par centaine additionnelle |
| Chantier de construction | 10 à 50 | 1 |
| Chantier de construction | 151 et plus | +1 par centaine additionnelle |
| Aménagement forestier | 5 ou moins | 1 |
| Aménagement en forêt | 11 et plus | +1 par groupe de 5 |
En forêt, le règlement demande en plus de former une personne supplémentaire au minimum requis, pour couvrir les absences. Dans le secteur de la sylviculture, la règle est encore plus stricte : au moins un travailleur sur cinq doit détenir le certificat.
Le nombre de secouristes exiges par quart de travail, selon le type de lieu et l’effectif present.
Le titre ne s’improvise pas. Un employé l’obtient après une formation de 16 heures conforme au règlement, donnée par un organisme de formation reconnu, et réussie à l’évaluation pratique. Le cours couvre l’appel des services d’urgence, l’évaluation de la victime, les hémorragies, l’obstruction des voies respiratoires, les malaises et la réanimation cardiorespiratoire (RCR) avec défibrillateur externe automatisé (DEA). Le contenu suit les lignes directrices scientifiques internationales révisées périodiquement (CPR & ECC Guidelines).
Le certificat est valide 3 ans. Passé ce délai, la personne ne compte plus dans votre effectif réglementaire, même si elle est toujours à votre emploi. C’est l’oubli le plus courant : les certificats expirent tous en même temps, trois ans après la première vague de formation. Nos programmes de secourisme et de RCR se donnent dans nos centres de formation ou directement dans votre entreprise, et vous pouvez inscrire vos employés en quelques minutes.
Le cours se donne en groupe, avec une part importante de pratique : les participants s’exercent sur mannequin et sur cas simulés, parce que les techniques de compression, de dégagement des voies respiratoires et de contrôle des blessures ne s’acquièrent pas en théorie. L’évaluation porte à la fois sur les connaissances et sur les compétences pratiques, et c’est sa réussite qui déclenche la certification.
Deux points pratiques pour les entreprises : la durée de 16 heures se planifie généralement sur deux journées consécutives ou quatre demi-journées, et une partie théorique peut parfois se faire en ligne selon le format retenu. Pensez aussi à vérifier auprès de la CNESST les programmes de subvention liés à la formation en secourisme avant de bâtir votre calendrier annuel. Voir la liste des services aux entreprises et le détail de nos formations.
Le nombre de secouristes n’est qu’un des trois volets. En santé et sécurité du travail, l’employeur doit aussi fournir un nombre adéquat de trousses, placées le plus près possible du travail, faciles d’accès, et dont le contenu est propre, complet et non périmé. Une trousse doit être vérifiée après chaque utilisation, et le matériel utilisé remplacé immédiatement.
| Élément | Ce qui est attendu | Fréquence de vérification |
|---|---|---|
| Trousse de secourisme | Contenu complet, propre, dates de péremption valides | Après chaque usage, plus une revue périodique |
| Registre d’accidents, d’incidents et de premiers secours | Nom de l’intervenant, nom de la victime, date, heure, soins donnés | À chaque intervention |
| Liste des secouristes | Affichée dans un endroit visible du lieu de travail | À chaque changement de personnel ou d’horaire |
| Certificats | Valides, renouvelés avant l’échéance de 3 ans | Suivi annuel recommandé |
Le registre a une double utilité : il prouve votre conformité, et il documente un événement mineur qui pourrait plus tard être relié à une réclamation. Un pansement posé aujourd’hui et noté au registre, c’est une réclamation défendable dans six mois.

Trousse accessible, contenu complet et non perime, registre a portee de main : les trois reflexes attendus.
Le règlement n’oblige pas l’installation d’un défibrillateur, et beaucoup d’employeurs s’arrêtent là. Les chiffres, eux, plaident dans l’autre sens. Environ 60 000 arrêts cardiaques hors hôpital se produisent chaque année au Canada, soit un toutes les neuf minutes, et seule une personne sur dix y survit (rapport Cœur + AVC). Santé Canada rappelle qu’une RCR et une défibrillation appliquées dans les trois premières minutes peuvent faire grimper les chances de survie d’au moins 75 % (Santé Canada).
Or le taux d’utilisation d’un DEA par un témoin n’atteint que 13 % dans les lieux publics. Un appareil mal signalé, verrouillé ou dont l’emplacement reste inconnu de l’équipe ne sauve rien. Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde selon l’Organisation mondiale de la Santé.
Le règlement fixe un plancher calculé sur des têtes, pas sur votre réalité de santé et sécurité. En 2024, la CNESST a dénombré 96 721 accidents du travail et 107 124 lésions professionnelles au total, ainsi que 246 décès liés au travail (Radio-Canada). Trois questions valent mieux qu’un calcul de conformité :
La santé psychologique fait aussi partie de l’urgence en milieu de travail : la formation en secourisme psychologique outille les gestionnaires pour intervenir lors d’un choc, d’un décès ou d’un accident grave, un volet que le règlement ne couvre pas.
Deux, par quart, puisque la tranche de 51 à 150 personnes présentes simultanément en exige deux. Si ces 100 employés sont répartis sur deux quarts de 50, il en faut un sur chacun des deux quarts.
Oui. Seules les personnes physiquement présentes dans l’établissement, sur le chantier ou en forêt entrent dans le calcul des effectifs requis.
Trois ans. Le renouvellement passe par une formation conforme au règlement auprès d’un organisme reconnu, et il doit être fait avant l’échéance pour éviter un trou de conformité.
Les membres réguliers de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec sont reconnus à ce titre lorsqu’ils sont présents dans l’établissement visé.
Non, le règlement ne l’exige pas. Mais la RCR combinée au DEA dans les premières minutes est le seul geste qui change réellement l’issue d’un arrêt cardiaque, ce qui en fait un investissement fortement recommandé.
Faites le compte de vos certificats actifs par quart, vérifiez les dates d’expiration, puis comblez l’écart. Notre équipe donne le cours partout dans la province, en entreprise ou en centre : contactez-nous pour planifier une session adaptée à vos quarts de travail.