Votre pied tourne sur la dernière marche de l’escalier et la douleur arrive aussitôt. Pour savoir comment traiter une entorse, protégez l’articulation, surélevez-la, soulagez la douleur et reprenez le mouvement graduellement, en consultant si des signes d’alerte apparaissent.
Une entorse survient quand un ligament, la bande de tissu qui relie les os d’une articulation, s’étire ou se déchire. Selon Santé Québec, un faux mouvement ou une chute suffit à la causer.
Dans l’usage courant, on parle souvent de foulure pour une entorse légère. Dans les deux cas, c’est un ligament qui est touché. Ce n’est ni une fracture (un os) ni une élongation (un muscle).
L’entorse de la cheville est la plus fréquente, mais le genou et le poignet peuvent aussi être touchés. Selon le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, elle peut résulter d’un mouvement banal comme la marche, d’un accident, d’une chute ou d’un sport.
On classe les entorses en trois niveaux de gravité. Au grade 1, les fibres sont étirées sans être déchirées. Au grade 2, certaines fibres sont déchirées, souvent avec un hématome. Au grade 3, la déchirure du ligament est complète ou quasi complète. Seul un examen permet de situer la blessure sur cette échelle. En cas de doute, appelez Info-Santé 811 ou demandez conseil à votre pharmacien.
Les symptômes d’une entorse sont la douleur, l’enflure, un bleu et une difficulté à bouger. La zone devient sensible à l’appui, gonfle parfois beaucoup, puis une ecchymose peut apparaître dans les heures ou les jours suivants. Mettre du poids sur le membre devient pénible, l’amplitude diminue et une impression d’instabilité s’installe.

Ces signes ressemblent à ceux d’une fracture et il est impossible de les départager à l’œil : si vous hésitez, appelez Info-Santé.
Bandage sans trop serrer, cheville plus haute que le cœur et toujours un linge entre la peau et le froid.
Pendant les 48 à 72 premières heures, l’objectif est de protéger la zone blessée et de limiter le gonflement. Voici les gestes recommandés par les sources québécoises.
L’ibuprofène est contre-indiqué chez les enfants de moins de 6 mois. Si vous avez un problème cardiaque ou rénal, consultez d’abord votre pharmacien, qui vous conseillera aussi sur la dose.
Les sources québécoises ne disent pas tout à fait la même chose sur la glace.
Santé Québec conseille le froid pendant 15 à 20 minutes toutes les 2 à 3 heures. Vous pouvez utiliser une compresse froide, un sac de glace, un sac de légumes congelés ou un gel réfrigérant. Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec suggère 10 minutes plusieurs fois par jour pendant les deux ou trois premiers jours.
La fiche de physiothérapie du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean conseille plutôt d’éviter les anti-inflammatoires et la glace, afin de laisser l’inflammation faire son travail. La glace reste possible si la douleur persiste de façon importante.
En pratique, le froid sert surtout à soulager la douleur. Placez toujours un linge entre la peau et la glace, jamais le froid directement sur la peau. Si vous hésitez entre ces approches, demandez conseil à Info-Santé ou à votre pharmacien.
Passé ce délai, on remet du poids sur la jambe progressivement, selon la tolérance. Le repos complet prolongé n’est pas recommandé. Selon la fiche du Saguenay, on peut recommencer à marcher après 1 à 3 jours pour les grades 1 et 2, avec une canne au besoin. Pour le grade 3, une botte d’immobilisation est parfois proposée.
La même fiche présente l’approche PEACE & LOVE. Dans la phase initiale, PEACE regroupe la protection, l’élévation, l’évitement des anti-inflammatoires, la compression et l’éducation. Ensuite, LOVE prend le relais avec la mise en charge (Load), l’optimisme, la vascularisation et les exercices.
Concrètement, faites des exercices doux, sans douleur, pour stimuler la circulation sanguine, par exemple sur un vélo stationnaire s’il est bien toléré. Gardez une attitude positive : une activation rapide aide à prévenir les douleurs persistantes, puis reprenez vos activités graduellement.

Soigner, consulter ou partir à l’urgence : les repères des fiches de Santé Québec.
Il faut consulter un médecin ou une infirmière dans plusieurs situations. Selon Santé Québec et le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, consultez si :
Pour joindre quelqu’un, le 811, option 1, vous met en contact avec une infirmière. Le service est gratuit et confidentiel, pour un problème non urgent, jour et nuit, toute l’année. Vous pouvez aussi vous adresser à une pharmacie, à une clinique médicale ou à un CLSC. Sans médecin de famille, choisissez l’option 3 du même numéro, puis un physiothérapeute pourra vous guider dans la réadaptation.
Si une fracture est soupçonnée, évitez la marche et utilisez des béquilles jusqu’à l’évaluation, où une radiographie pourrait être demandée.
Rendez-vous à l’hôpital sans attendre dans les situations suivantes, selon Santé Québec :
Pour un problème grave ou urgent, composez le 9-1-1.

Sur le terrain, on s’arrête, on protège la cheville et on évalue avant de reprendre le jeu.
Pour limiter le risque de blessure, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec recommande de s’échauffer avant l’effort, de porter des chaussures adaptées, de renforcer la cheville par des exercices et de reprendre les activités de façon progressive.
Une chevillière peut aider pendant quelques semaines seulement, lors de sports à haut risque, sans être portée en permanence. Reprendre trop vite est l’un des facteurs de risque d’une instabilité chronique de la cheville. Un physiothérapeute peut adapter les exercices à votre situation.
Une formation en secourisme apprend à évaluer une blessure aux membres et à l’immobiliser en attendant de l’aide, à la maison, au travail, sur un terrain ou lors d’accidents de ski ou de planche à neige.
Impact Santé+ offre des formations en secourisme et en RCR dans des centres partout au Québec. L’organisme est partenaire de formation national de la Croix-Rouge canadienne depuis plus de 25 ans. Pour choisir entre secourisme général et secourisme d’urgence, consultez notre guide. Prévoyez aussi une trousse de premiers soins à domicile, pour avoir un bandage élastique à portée de main.
La durée varie selon le grade et la personne, et les sources consultées ne donnent pas de délai fixe. Si la douleur persiste deux à quatre semaines après l’entorse, consultez, tout comme s’il n’y a aucune amélioration après cinq jours.
Selon la tolérance, on recommence à marcher après un à trois jours pour les grades 1 et 2, avec des béquilles ou une canne au besoin. Si vous ne pouvez pas déposer le pied et faire quelques pas, consultez.
Les sources consultées recommandent le froid pour soulager la douleur, jamais directement sur la peau. Elles ne recommandent pas la chaleur pour les premiers jours. Demandez conseil à votre pharmacien en cas de doute.
Vous ne pouvez pas le déterminer seul, car les symptômes se ressemblent. Évitez la marche, utilisez des béquilles et appelez Info-Santé ou consultez, une radiographie pourra être nécessaire pour trancher.